
Rallye du Condroz - Freddy Loix en survivant
Bien malin celui qui a pu prédire le top 5 de ce 37e Rallye du Condroz…Aux asphaltes naturellement glissants des régions condruzienne et hesbignonne et à leurs relents de betteraves s’est jointe une météo à ne pas mettre un slick dehors. Résultat: une hécatombe à tous les étages qui ne doit surtout rien enlever à la beauté et la qualité de la victoire de Freddy Loix au volant de sa Škoda Fabia S2000, sa 3e à Huy.
Favori logique de cette édition 2010 au volant de sa Ford Focus WRC 05, Bernd Casier entama son parcours du combattant avec sagesse et lucidité. Enchaînant les meilleurs temps à la façon de Pieter Tsjoen, samedi, le Flandrien s’avouait pourtant le premier surpris de se retrouver en tête du rallye: "Mon début de course fut compliqué par la casse de la barre antiroulis, avec laquelle j’ai dû disputer les deux premières spéciales, puis par une panne d’alternateur en fin de 1ère boucle", racontait Bernd samedi soir. "C’est vrai, j’ai la voiture la plus puissante mais encore faut-il réussir à la garder sur la route! Rouler plus vite, ça signifie aussi des freinages plus costauds. Sincèrement, je croyais que je serais derrière Loix et Neuville et je suis content de la façon dont je gère ce début de rallye".
De fait, les deux lascars, derrière, ne se faisaient pas de cadeau, ni même à Casier, d’ailleurs, se battant à coups de secondes comme faisant fi des lois qui régissent l’équilibre. Un coup à Thierry, un coup à Freddy.
"Je peux vous dire que moi, je ne suis pas du tout surpris par les performances de Thierry", assurait Loix. "C’est un pilote extrêmement rapide et je m’attendais à devoir sortir le grand jeu pour lui tenir tête".
Hormis une panne de pot d’échappement en fin de première étape ayant empêché Fred Miclotte de lire ses notes tant l’habitacle était embué, rien n’est venu entraver la course victorieuse de Fast Freddy. Que du contraire…
Car des trois hommes en tête, c’est Neuville qui faillit le premier. Une glissade, une touchette... et un radiateur percé. Pour colmater la fuite, Neuville et Nicolas Klinger perdent six minutes sur le routier. Bilan: une minute de pénalité, à laquelle s’ajoutèrent de précieuses secondes perdues dans la dernière boucle du samedi (une glissade dans un champ puis une crevaison). Et la 5e place pour la 207 S2000 de Peugeot Belgique, à plus 4:35 de Casier…
Alors, Bouche (moteur), Jullien, Lietaer, Gaban (sorties), qui livrait un festival d’anthologie avec sa Porsche, Deferm et Van de Wauwer, pour ne citer qu’eux, avaient déjà rendu les armes.
L’hécatombe allait se poursuivre dimanche. Avec Casier qui, parti en tonneaux dès le matin, offrait la tête de la course à un Loix bien malheureux de se retrouver sans adversaire. Dès lors, Freddy dut se contenter d’assurer sa victoire, tandis que Thierry Neuville, loin derrière, retrouvait toute sa verve pour prouver que cette 2e place reconquise au détriment d’adversaires partis à la faute ou trahis par leur mécanique (Debackere, Bonjean), il la méritait, malgré tout.
Sur la 3e marche du podium, Stéphane Lhonnay, aidé notamment par l’abandon d’Alexandre Romain qui dominait les débats samedi, a fait coup triple puisqu’il s’est adjugé la victoire et, surtout, le titre en Groupe N.
Grooten et Cherain complètent le top 5 de cette édition riche en faits de course… Jusque dans les derniers kilomètres où Xavier Baugnet, alors 9e du général, put dire adieu à la victoire et au titre dans le Citroën Racing Trophy Benelux, revenus tous deux au jeune Hollandais Hans Weijs Jr.
Du côté du Ford Fiesta Sport Trophy, le champion Cédric De Cecco s’est finalement imposé au terme d’une course marquée par la violente sortie de route de Ghislain de Mevius, alors bien en tête. Le fils de Grégoire s’en tire avec deux côtes cassées et son copilote avec une fracture à l’humérus.

















